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 Brian Aldiss

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Mighty-Forest
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MessageSujet: Brian Aldiss   Sam 11 Mai - 21:42


wikipédia a écrit:

Brian Wilson Aldiss, né le 18 août 1925 à Dereham dans le Norfolk, est un écrivain anglais de science-fiction, d'essais et de littérature générale. Il a été titré de l'ordre de l'Empire britannique en 2005 pour services rendus à la littérature.

À l'âge de 18 ans, Brian Aldiss est enrôlé dans l'armée anglaise et expédié en Birmanie. Démobilisé en 1947, il rentre à Oxford où il trouve un travail chez un libraire dont il épouse, en 1948, la secrétaire, Olive Fortescue. Déterminé à devenir écrivain, Brian Aldiss publie The Brightfount Diaries en 1955, narrant avec humour la vie d'un employé de librairie. Le succès de ce livre lui permet d'intégrer le journal Oxford Mail, où il tient la chronique littéraire.
Il gagne ensuite un concours de nouvelles organisé par le journal The Observer qui lui permet de publier L'Espace, le temps et Nathanaël, son premier recueil de nouvelles. La science-fiction est un moyen pour lui de développer une méditation d'ordre philosophique et d'évoquer avec une ironie qui sera une constante chez lui le désarroi et la présomption de l'homme face à un univers qui le dépasse. L'œuvre science-fictionnelle du jeune Brian Aldiss est à envisager comme un "pont" entre les thèmes de l'ancienne science-fiction, dite de l'« âge d'or » (fusées, monstres, voyage dans le temps, etc.), et la sophistication littéraire, les préoccupations pour les problèmes de société immédiats et le goût de l'ambiguïté cultivés par la "New Wave", le courant moderne de la SF anglaise apparu dans les années 1960, dont il sera avec J. G. Ballard et John Brunner l'un des piliers.
Après l'échec commercial de son roman Croisière sans escale (1958), non conforme aux critères traditionnels (ce n'est qu'au fil du temps qu'il s'imposera comme un classique), Aldiss va se tourner vers le marché américain et une SF plus commerciale (Équateur, L'Interprète), gardant ses meilleures idées pour ses nouvelles.

En 1960 il est élu et va rester président de la British Science Fiction Association pour un long moment. Il édite de nombreuses anthologies à succès et écrit plusieurs ouvrages qui analysent l’histoire de la science-fiction, le plus connu étant Trillion Year Spree : a History of Science Fiction (actualisation en 1986 de Billion Year Spree, paru en 1973), qui fait référence dans le monde anglo-saxon par sa façon de situer le genre science-fictionnel dans un contexte à la fois littéraire et populaire, sans jamais succomber à l'enthousiasme du fan.
En 1962, il publie Le Monde vert (paru en revue sous formes de nouvelles séparées dès 1961), une approche personnelle, baroque et suffocante du récit de science-fiction post-apocalyptique, inspirée de son expérience de la jungle en Birmanie et dans l'île de Sumatra lors de la Seconde Guerre mondiale. Ce livre remporte le prestigieux prix Hugo.
Encouragé, Aldiss récidive avec Barbe-Grise en 1964, un récit où il met en scène sur un mode pastoral et picaresque une humanité devenue stérile suite à l'usage d'armes bactériologiques. Tous les protagonistes sont déjà vieux, proches de la mort. Paradoxalement le livre est une célébration de la vie qui met à jour l'obsession d'Aldiss pour le thème de l'immortalité. La même année il crée le premier magazine de critique de SF Science Fiction Horizons qui ne durera que deux numéros mais auxquels participeront des auteurs comme James Blish, C. S. Lewis, Kingsley Amis et William S. Burroughs.
Grâce à la liberté éditoriale que lui octroie la revue New Worlds, animée par Michael Moorcock à partir de 1963, Aldiss va alors suivre une direction franchement expérimentale dans son écriture, marquée par l'influence du nouveau roman (les descriptions "objectales" jusqu'à l'obession de Report On Probability A), ou par le psychédélisme de la contre-culture (l'halluciné Barefoot in the Head, situé dans un futur proche dans une Europe chaotique, où un trafiquant de LSD finit par accéder, après des scènes délirantes de sexe et de violence, à une vie contemplative qui le transformera en arbre. Ce texte critique envers la civilisation occidentale, qui peut donner l'impression d'avoir été écrit sous psychotrope, se rapproche de la démarche de Joyce dans Finnegans Wake). Cryptozoïque marque un retour à une thématique SF plus traditionnelle, mais avec des accents para-dickiens (références aux drogues, à l'univers intérieur) qui en font encore un texte que l'on peut juger énigmatique, sinon obscur.

Les années qui suivent vont le voir revisiter des mythes du genre (Mary Shelley dans Frankenstein délivré en 1973, H. G. Wells dans L'Autre île du docteur Moreau en 1980, et plus tard Bram Stoker dans Dracula délivré, en 1991). Et tandis que la "New Wave" reflue, Aldiss se consacre à un cycle semi-autobiographique : les aventures tragi-comiques de son alter ego Horatio Stubbs, où il évoque sa jeunesse dans les familles guindées et répressives de l'Angleterre d'avant-guerre, ainsi que son expérience de la guerre. Le premier roman de la série, Un petit garçon élevé à la main (1970) devient un best-seller, et le volume suivant voit Brian Aldiss devenir un personnage public en Angleterre. Élu président de la Society of Authors (Société des gens de lettres), Aldiss est alors accaparé par de nombreuses obligations officielles.

Il revient néanmoins à la science-fiction au début des années 1980 avec une trilogie d'une grande ambition, qu'il considère comme son magnum opus : Helliconia, un livre-univers d'une richesse et d'une cohérence à l'égal des célèbres univers inventés du Cycle de Dune, de Frank Herbert, et des Cantos d'Hypérion, de Dan Simmons. L'esprit en est cependant fondamentalement différent, Aldiss privilégiant la socio-histoire à la figure du héros sur qui l'avenir d'un monde repose. Dit autrement, les « ficelles » romanesques d'une intrigue à rebondissements sont mises à distance au profit d'une méditation systémique. Par ailleurs, Aldiss introduit une mise en abyme du regard de son lecteur qui interdit une immersion « naïve » (et donc une jouissance complète ?) dans la « réalité secondaire » de son monde inventé (cf. les Terriens de la station orbitale Avernus, qui observent les Helliconiens sans jamais intervenir dans le cours des événements). Ces raisons peuvent expliquer sans doute pourquoi cette œuvre n'a pas atteint le même degré de popularité que Dune et Hypérion. Elle est néanmoins considérée comme un des sommets du genre (et tout particulièrement lorsqu'on parle de "planet opera").

À l'âge de 75 ans, fidèle à sa manière humaniste, Aldiss publie Mars blanche. Cette histoire d'une colonie scientifique installée sur Mars, qui se retrouve radicalement isolée suite à l’effondrement économique de la Terre, lui permet de marier son goût pour la prospective scientifique et de réfléchir sur l’utopie, la violence et la loi, la communication, l’évolution et l’espèce humaine.
Brian Aldiss a collaboré avec Stanley Kubrick sur l'adaptation de sa nouvelle intitulée Les Supertoys durent tout l'été (publiée en 1969). Cela a servi de base au film A.I. Intelligence artificielle, tel qu'il a été réalisé par Steven Spielberg. La nouvelle est disponible dans le recueil Supertoys (2001).

Le roman Terrassement (traduction française du terme anglais Earthwork) de Brian Aldiss est régulièrement cité comme une des sources d'inspiration du Land Art américain, mouvement artistique né au milieu des années 1960 et regroupant des artistes comme Robert Smithson, Michael Heizer, Walter De Maria, Nancy Holt, etc.






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MessageSujet: Re: Brian Aldiss   Sam 11 Mai - 21:44


La Tour des Damnés (Brian Aldiss - 1968)
110 pages

Dyschroniques est une toute nouvelle collection de Science-Fiction éditée par Le Passagers Clandestin, publiant habituellement essais et autres ouvrages de critique sociale (www.lepassagerclandestin.fr ).
« Des nouvelles de science-fiction ou d’anticipation, empruntées aux grands noms comme aux petits maîtres du genre, tous unis par une même attention à leur propre temps, un même génie visionnaire et un imaginaire sans limites. À travers ces textes essentiels, se révèle le regard d’auteurs d’horizons et d’époques différents, interrogeant la marche du monde, l’état des sociétés et l’avenir de l’homme. Lorsque les futurs d’hier rencontrent notre présent... »
Une très bonne initiative, avec tout de même quelques points négatifs : le prix est assez élevé (8€ pour une petite centaine de pages) et les nouvelles ne sont ni inédites ni retraduites, et pour la plupart encore trouvables facilement sur le marché de l'occasion.
Toutefois, les bouquins sont plutôt jolis et, si ça permet à nouveau de monter que la SF ce ne sont pas forcément des robots géants ou des vaisseaux qui font piou-piou, ce n'est pas plus mal.

« La Tour des Damnés » a été publié pour la première fois en 1968 dans la revue Galaxy. Brian Aldiss y imagine une expérience permettant de mesurer les effets de la surpopulation : dans une tour de plastique, de béton et d'acier, s'élevant sur dix niveaux de cinq étages chacun, sont entassés 1500 volontaires dans le but d'étudier le comportement d'individus soumis au confinement.
25 ans plus tard, 75.000 personnes pullulent à l'intérieur, des petits caïds se font la guerre pour conquérir de nouveaux étages, la démographie est galopante, on est déjà vieux à 20 ans et de nombreuses personnes sont loin de s'imaginer qu'il existe un autre monde derrière leurs murs de béton.
Récit traitant de la thématique encore très actuelle qu'est la surpopulation, La Tour des Damnés aborde la capacité d'adaptation de l'homme à son environnement ainsi que son besoin de pouvoir, de croyance et de domination. Brian Aldiss nous plonge également en plein cauchemar Orwellien avec ses expériences de manipulation des masses, surveillées par un institut à l'éthique plus que douteuse.

En bref, un excellent texte de SF, encore très actuel et rappelant Tous à Zanzibar, et une toute nouvelle collection à soutenir !



Mighty-Forest a écrit:


Le Monde Vert (Brian W. Aldiss - 1962)
Dans un très lointain futur, la Terre s'est arrêté de tourner et est envahie par une forêt gigantesque dans laquelle survivent quelques insectes et les descendants des hommes...
Si le roman reste très basique pour ce qui est de son scénario et de son déroulement, c'est par contre un véritable voyage au sein d'un monde vert dans lequel chaque feuille, chaque branche, dissimule un danger mortel, un monde peuplé par un bestiaire insecto-végétal absolument fascinant, à l'image des travertoise, araignées végétales gigantesques ayant tissés leurs toiles entre la terre et la lune.

C'était bien :heart:.

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