Titre français : Le Roman de Renard (Reineke Fuchs)
Réalisation : Ladislas et Irène Starewitch.
Technique : Animation (marionnettes)
Durée : 65 minutes
Format : noir et blanc
Dates de réalisation : 1929-1930
Dates de sortie : 10 avril 1937 à Berlin ; 10 avril 1941 au cinéma César de Paris
Au royaume des animaux, Renard le goupil a pour habitude de berner son prochain. Les doléances se multiplient auprès du roi Noble le lion, qui décide de le faire arrêter. Second film d'animation dans l'histoire du cinéma à utiliser le procédé de l'animation image par image (et d'ailleurs sixième film d'animation tout court, sorti 6 mois avant
Blanche-Neige),
Le Roman de Renard est un moyen-métrage ultra-réjouissant, entre respect des contes anarchistes et subversifs du moyen-âge et humour noir omniprésent. En effet, les animateurs reprennent quelques contes immoraux (ce qui leur a valu les foudres de l'église) afin de retranscrire le potentiel transgressif des œuvres d'origine. Roi ridicule et despotique, Reine batifolant, gardes stupides etc. Non seulement c'est super réjouissant, mais en plus c'est blindé d'humour noir et méchant où les marionnettes s'en prennent plein la gueule (préfigurant le slapstick ?). Dans une scène finale d'ANTHOLOGIE, les animaux, tentant de capturer Renard, se font allègrement défoncer par les pièges de ce dernier. Je ne vous dévoile pas les détails afin de laisser les surprise, mais sachez que c'est du lourd. On peut également dévoiler les doux anachronismes parsement l'oeuvre : de la référence aux fonctionnaire qui m'a fait hurler de rire ("
Ah bon ? Déjà ? Bon ben je rentre chez moi...") à la présentation d'un tournoi digne du Tour de France, les réalisateurs se sont lâchés.
En plus de cet aspect du scénario, l'animation est ultra chiadée. C'est bien simple, on pourrait penser que le film a été réalisé dans les années 50-60. De la scène finale où l'eau s'écoule derrière des personnages s'accrochant à des branches à des mouvements réellement fluides pour une production de cette époque, les Starevitch (antimilitaristes... ce qui peut vous donner le ton du film) étaient très doués. Finition des personnages et animation de leurs corps sont d'une précision exemplaire et la qualité de l'oeuvre s'en ressent.
C'est mortel.
10/10 direct.




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