Un des films les plus intéressants (même si un peu longuet sur la fin) que j'aie vu dernièrement.
J'avais d'ailleurs posté ça en d'autres contrées :
Jacques Vergès est un personnage que bien des scénaristes n’auraient pas réussi à inventer tant il est complexe, dangereusement brillant, à la fois odieux, manipulateur et... romanesque.
Au-delà du portrait de l’avocat des causes perdues et en suivant précisément la chronologie des évènements coloniaux et terroristes de la seconde moitié du 20ème siècle, Barbet Schroeder nous livre ici une grande leçon d’histoire.
Entre les témoignages et les images d’archive (le film est extrêmement bien documenté), Vergès raconte avec précision mais sans emphase son amitié pour Pol Pot, son amour pour la belle Djamila Bouhired (poseuse de bombes du FLN qu’il épousera plus tard) et pour Magdalena Kopp (la femme de Carlos), son combat contre la colonisation et la torture, tout en persistant à laisser planer le mystère que constitue sa disparition entre 1970 et 1978.
C’est d’ailleurs sur ce dernier point que le réalisateur semble prendre le moins de recul...
Autres témoignages troublants : ceux de toutes les personnes interrogées auprès de qui Vergès a combattu et qui parlent de la mort avec une désinvolture presque surréaliste.
Sans voix off, sans jugement, mais avec un intérêt contagieux, Barbet Schroeder nous oblige à nous questionner sur cet homme engagé, indéniablement capable de mourir pour une cause mais dont les motivations restent pour le moins mystérieuses car, comme il l’explique lui-même : l’avantage de l’avocat sur le médecin c’est que le premier a le droit de refuser de défendre quelqu’un ; quand il s’engage, c’est donc en toute conscience, et ça doit être à corps perdu...
Pour mémoire, Maître verges a défendu (liste absolument pas exhaustive) : Klaus Barbie, Louise-Yvonne Casetta, Omar Raddad, Slobodan Milosevic, Cheyenne Brando, Sadam Hussein, etc.