Haaaaaaaa ! En voilà un chouette film de geeks qui parle au plus grand nombre !
Récréation réjouissante du trublion Michel Gondry, toujours fourré dans des histoires abracadabrantes, capable du meilleur (
Eternal Sunshine...,
Human Nature), comme du bien, mais pas top (
La science des rêves), nous donne une fois de plus un film au pitch en or.
Imaginez : Deux potes, l'un (Mike, incarné par Mos Def, impeccable) co-gérant d'un vidéo-club miteux, qui ne loue que des VHS alors que le DVD est roi, et l'autre (Jerry, incarné par un Jack Black toujours aussi dingue), garagiste allumé, et paranoïaque des ondes radios qui mixent le cerveau, fomentent un plan pour saboter la centrale nucléaire proche de leur ville.
Seulement, Mike en a marre des conneries de Jerry, et suivant le conseil de son patron (l'excellent Danny Glover, qui n'est pas encore trop vieux pour ces conneries) et le laisse tomber au milieu du sabotage.
Jerry continue son sabotage tout seul, et est frappé par les éclairs vengeurs de la centrale qui décide de le saboter.

A partir de ce moment, Jerry est magnétique, si bien qu'en passant dans le vidéo-club de son pote, il efface accidentellement toutes les bandes VHS du magasin.
Les clients, mécontents de tomber sur des bandes vierges, font un scandale, surtout une petite dame, fragile, mais énergique (Mia Farrow, absolument délicieuse).
Mike a une idée de génie : et si Jerry et lui tournaient des remakes des films effacés ?...
Pitch génial donc, et résultat itou à l'écran.
Les films "suédés" (terme inventé pour le film, et signifiant "remakés"), sont à pisser de rire.
Des parodies involontaires de
SOS Fantômes (avec des acteurs improvisés pour la scène de la bibliothèque, et des guirlandes en guise de faisceaux sortant de leur machines à piéger les fantômes), à celle de
Rush Hour 2 (pour simuler une prise de vue en hauteur, les deux cinéastes en herbe ajoutent un tapis de jeu pour voitures de course, sous les acteurs "suspendus dans le vide", on change d'acteur en plein milieu d'une prise, pour le remplacer par une actrice, habillée différemment

), en passant par
Le Roi Lion (dialogues scabreux hilarants !) ou
Robocop (Jack Black évolue dans un costume en carton absolument pas crédible, mais qui fait fonctionner à merveille les zygomatiques !), le film de Gondry passe en revue tous les films adulés par le public, et par les geeks cinéphiles du Monde en entier, pour n'en garder que la substance, et ces scènes qui nous ont tous marqué, et qui sont détournées avec talent, et un humour émouvant, puisqu'agissant sur la corde sensible de nos souvenirs cinéphiles.
Gondry ne s'embarrasse pas d'un réalisme propre au cinéma américain.
Ses personnages évoluent dans un univers où des choses étranges peuvent arriver (voir pour cela la façon de se planquer lorsque les flics rappliquent à la centrale nucléaire lors du sabotage, ou bien les événements lorsque Jerry est magnétisé).
Tout comme dans
La science des rêves, on évolue dans un univers fantasmé, bercé par le rêve.
Gondry réalise là son film le plus drôle, car débarrassé de toute histoire d'amour, ou sentimentale, et totalement tourné vers un univers référentiel propice à des touches d'humour hilarantes.
Jack Black et Mos Def sont parfaits, et forment un couple de cinéastes improvisés qui savent se déchirer, et se rabibocher en moins de temps qu'il n'en faut pour dire "Action !".
A ce duo, s'ajoute la rafraichissante Melonie Diaz (croisée dans
Long Way Home), électron libre douce dingue, qui servira de ciment dans la relation de nos deux lurons.
Danny Glover est super touchant, rappelle un peu son personnage de
La Famille Tenenbaum, en plus excentrique.
Quant à Mia Farrow, la retrouver dans ce film, dans lequel elle peut s'en donner à coeur joie en reprenant le rôle de Miss Daisy, dans
Miss Daisy et son chauffeur, est un petit bonheur comme on en fait plus.
A noter un caméo vraiment bien trouvé, d'une grande actrice du cinéma américain des années 80 à nos jours...
En bref, ça poutre, c'est drôle, c'est émouvant, c'est geek assumé à fond... Un vrai film de gosse, un rêve de gamin réalisé.
Du pur bonheur.
8/10